Guide de la boutique · Écrit par une infirmière
Des bas de compression
qui font vraiment quelque chose
Un bas de compression ne s'achète pas à la pointure. Il se mesure, le matin, sur une jambe qu'on a d'abord examinée. Voici comment on s'y prend — et pourquoi il y a des jambes auxquelles on dit non.
Le principe
Ce qu'un bas fait aux veines
Dans les jambes, le sang doit remonter contre la gravité. Il n'y a pas de pompe pour ça : ce sont les muscles du mollet qui écrasent les veines à chaque pas et poussent le sang vers le haut, pendant que de petites valves l'empêchent de redescendre.
Quand ces valves ne ferment plus, le sang stagne. La jambe enfle, elle devient lourde en fin de journée, la peau brunit à la cheville, et avec les années elle finit par s'ouvrir — c'est l'ulcère veineux.
Le bas de compression serre fort à la cheville et de moins en moins en montant. Cette différence de pression pousse le sang vers le haut. Ce n'est pas un bas serré : c'est un bas dont le serrage est calculé, millimètre par millimètre.
C'est aussi pour ça qu'un bas acheté au hasard ne sert à rien. Trop lâche, il ne pousse rien. Trop serré au mauvais endroit, il fait garrot.
Avant tout
Ce qu'on vérifie avant de vous en vendre
La compression forte est dangereuse sur une jambe dont les artères sont bouchées. On serre un membre déjà mal irrigué, et on peut aggraver les choses sérieusement.
C'est pourquoi, avant une compression de 20-30 mmHg, on vérifie la circulation artérielle — en particulier chez une personne diabétique, chez quelqu'un de plus de 70 ans, ou chez qui a mal aux mollets en marchant.
À la clinique, cette vérification se fait sur place, au rendez-vous de mesure. C'est un examen simple et indolore, qui compare la pression à la cheville et au bras.
Les autres situations où l'on ne pose pas de compression sans avis médical :
- —Une thrombose veineuse en phase aiguë
- —Une insuffisance cardiaque décompensée
- —Une infection de la peau en cours (cellulite, érysipèle)
- —Une perte de sensibilité importante du pied
- —Une plaie ouverte non évaluée
Si vous êtes dans un de ces cas, venez quand même nous voir : souvent il existe une solution, simplement pas celle-là.
La mesure
Trois tours, et le bon moment
On mesure trois circonférences, toujours les mêmes :
- 1La cheville, à son endroit le plus fin, juste au-dessus de l'os. C'est la mesure la plus importante : c'est elle qui détermine la pression.
- 2Le mollet, à son endroit le plus large.
- 3La cuisse et la hauteur, si le bas monte jusque-là.
Le matin, avant de se lever longtemps. Une jambe mesurée à quinze heures est déjà enflée. Le bas taillé dessus sera trop grand le lendemain matin — il flottera, il ne comprimera plus rien, et vous aurez payé pour un bas ordinaire.
C'est la raison pour laquelle nous donnons les rendez-vous de mesure en début de journée. Ce n'est pas une préférence d'horaire, c'est la condition pour que le bas fonctionne.
Les choix
Classe, hauteur, bout du pied
Classe 1 ou classe 2
La classe, c'est la force de compression. Classe 1 pour les jambes lourdes, les varices débutantes, la prévention en voyage ou en grossesse. Classe 2 pour l'insuffisance veineuse installée, les suites de thrombose, le lymphœdème.
Ce n'est pas au goût du client. C'est votre médecin qui l'indique, ou nous qui l'évaluons avec vous. Un patient qui prend une classe 2 « pour être sûr » alors qu'il lui fallait une classe 1 finit souvent par ne plus le porter du tout — et un bas dans un tiroir ne soigne personne.
Genou, cuisse ou collant
Jusqu'au genou couvre la grande majorité des besoins, et c'est le plus facile à enfiler — donc le plus porté. Jusqu'à la cuisse ou en collant quand l'atteinte remonte plus haut.
Entre un bas au genou qu'on met tous les matins et un collant qu'on abandonne au bout d'une semaine, le premier vaut mieux.
Pied ouvert ou fermé
Fermé par défaut. Ouvert quand les orteils sont douloureux ou déformés, quand il faut surveiller un pansement, ou quand le pied est plus large que la jambe ne le laisse croire.
Au quotidien
Les enfiler, les laver, les remplacer
On les met le matin, au lit, avant de poser les pieds par terre — pendant que la jambe est encore dégonflée. On les retire le soir. On ne dort pas avec, sauf indication contraire.
Un bas de compression neuf est difficile à enfiler : c'est normal, c'est le signe qu'il comprime. Mais si les mains ou le dos ne suivent pas, il existe un enfile-bas — un cadre de métal sur lequel on monte le bas avant d'y glisser le pied. C'est souvent ce petit objet qui décide si quelqu'un porte ses bas ou les abandonne. Demandez-le-nous.
On les lave à la main ou au cycle délicat, à l'eau tiède, et on les sèche à plat, jamais à la sécheuse ni sur un radiateur. La chaleur tue l'élastique.
On les remplace tous les six mois. Le fabricant garantit la compression six mois, pas au-delà. Passé ce délai, le bas se met encore, il est encore beau — mais il ne comprime plus assez, et la jambe recommence à enfler sans qu'on comprenne pourquoi.
C'est pour ça qu'on conseille deux paires : une sur la jambe, une au lavage. Et deux renouvellements par année.
Chez nous
Comment ça se passe, et en combien de temps
Nous ne gardons pas toutes les combinaisons en stock — il y en a des dizaines, et une tablette pleine de tailles qui ne sont pas les vôtres ne vous sert à rien. Nous mesurons, puis nous commandons votre paire.
- —Modèles courants : quelques paires sur place, à emporter le jour même
- —Commande spéciale : 10 à 15 jours
- —Sur mesure, pour une jambe hors normes : 15 à 20 jours, et non remboursable
Beaucoup d'assurances privées remboursent les bas de compression sur ordonnance. Nous remettons une facture détaillée avec ce qu'il faut dessus.
Rendez-vous de mesure
Venez le matin, avec une jambe reposée
Trente minutes : on regarde la jambe, on vérifie la circulation, on mesure, et on choisit ensemble. Apportez l'ordonnance si vous en avez une — et la paire que vous portez déjà, s'il y en a une.
370, boulevard Gréber, local D — Gatineau
Cette page explique notre façon de faire en boutique. Elle ne remplace pas l'avis de votre médecin et ne sert pas à poser un diagnostic. En cas de douleur nouvelle, de jambe rouge et chaude, ou d'essoufflement, consultez sans attendre.